Ding, ding, ting. Objets médiateurs de culture. Espaces germanophone, néerlandophone et nordique

City: 
Paris
Country: 
France
Organizer: 
Université Paris-Sorbonne
Closing date for submissions: 
30 June, 2012
Event dates: 
11.04.2013 - 13.04.2013

Ding, ding, ting. Objets médiateurs de culture. Espaces germanophone, néerlandophone et nordique

Colloque international, Université Paris-Sorbonne, 11-13 avril 2013

Date limite pour l'envoi des contributions: 30 juin 2012

- English version below -

Le colloque propose de croiser les fils de deux traditions théoriques, la théorie des transferts culturels, élaborée par Michel Espagne et Michael Werner [Espagne/ Werner, 1988] dans les années 1980, qui a donné lieu ensuite à divers prolongements (histoire croisée, recherche sur les phénomènes de circulation, de réseau, d’interculturalité, d’hybridation…) [Engel/ Gutjahr/ Braungart, 2003; Suppanz, 2003], et celle des Material Culture Studies, courant théorique hétérogène issu du monde anglo-saxon qui se développe à partir des années 1970 et s’inscrit dans les Culture Studies. Si les transferts culturels se détournent volontairement d’une démarche jugée empiriste qui « accumul[erait les] matériaux » [Espagne, 1999: 7] pour se concentrer sur l’analyse du rôle de la genèse des discours et des concepts empruntés dans la « constitution des traditions culturelles nationales » à partir de sources écrites [6], les ouvrages nés du material turn quant à eux, se concentrant de plus en plus sur l’histoire du quotidien d’une culture donnée, abordent souvent la question de la part de l’autre dans la formation des identités collectives à travers le prisme d’études sur des territoires colonisés [Gustafsson Reinius, 2008], et sont en cela tributaires du lien originaire de ces théories à des disciplines telles que l’ethnologie ou l’anthropologie.

L’intention est de pratiquer ainsi une théorie des transferts culturels « par le bas », à partir de sources dont le caractère matériel est primordial ou dans lesquelles la thématisation d’objets est essentielle, et d’appliquer les théories de la culture matérielle à un champ transnational européen.

Dans quelle mesure les choses matérielles font-elles aussi l’objet d’emprunts qui jouent un rôle dans la constitution de traditions culturelles nationales des aires germanophone, néerlandophone et nordique ? Comment fonctionnent les mécanismes d’appropriation, de décontextualisation, puis de resémantisation propres aux transferts culturels et, plus largement à toute circulation culturelle, sur des objets variés ? Il s’agirait d’esquisser une histoire interculturelle des espaces germanophone, néerlandophone et nordique à partir d’objets concrets, dans l’esprit de ce que proposent les travaux de Bénédicte Savoy sur la confiscation des biens culturels opérée par la France en Allemagne autour de 1800 et leurs conséquences sur la « conscience patrimoniale » des pays [Savoy, 2003 : 392].

Il semble que la culture matérielle se prête bien à l’étude des transferts culturels, « objectivant » pour ainsi dire les identités individuelles et collectives. Le choix ou le refus de s’approprier un objet peut ainsi être considéré comme une affirmation d’identité à travers l’expression d’une appartenance ou d’une différence par rapport à une norme culturelle ou une convention sociale [Thomas, 1991 : 25]. De plus, la stabilité matérielle met précisément en évidence les changements et reconfigurations intervenus lors de la catégorisation de l’objet, des affects et récits qui lui sont associés [125]. Nicholas Thomas souligne ainsi que la circulation des objets constitue plus qu’un simple déplacement physique : elle met en mouvement des conceptions concurrentes des objets [123]. Les objets sont par ailleurs souvent les moteurs des contacts avec l’étranger, la quête de biens matériels suscitant les relations entre différents groupes sociaux et culturels [Bracher/ Hertweck/ Schröder, 2006 : 11], ils sont aussi le reflet de ces relations. Enfin, l’objet, étymologiquement comme symboliquement, incarne l’autre du sujet, l’autre de soi, l’altérité, l’étranger [Thomas, 1991 : 184]. L’objet étranger que l’on s’est approprié est ainsi le paradigme de la constitution d’une identité par l’altérité.

S’il ne saurait être question de donner dans le « mythe de l’antériorité des choses » [Brown, 2001 : 16] qui seraient premières par rapport aux « idées, aux théories, aux mots » [ibid.], et de tenter d’analyser les objets en-dehors de toute pratique discursive, s’il s’agit bien de saisir les discours et récits que cristallisent les objets, le but est aussi de ne pas ensevelir l’aspect matériel des choses sous leur valeur symbolique et sémiotique et de percevoir la résistance que les objets peuvent opposer aux discours et représentations fantasmées qu’on peut vouloir leur faire signifier [Thomas, 1991 : 176] et la manière dont ils « excèdent le sens imparti » [Ecker/ Scholz, 2000 : 11], sapent l’assimilation intégrale, mettant ainsi en évidence la part de l’autre dans une culture.

On s’intéressera aux objets matériels, d’un point de vue historique, culturel, ethnologique, anthropologique, littéraire, linguistique, philosophique ou esthétique, dans leurs manifestations concrètes et leurs représentations discursives, visuelles, plastiques, ou textuelles, dans la mesure où ces objets circulent entre plusieurs cultures, entre deux pays (ou plus) des espaces néerlandophones, nordiques ou germanophones, du Moyen Âge à nos jours.

Observé à partir d’une perspective européenne, cet ensemble spatial peut être perçu comme une entité homogène, porteuse d’une identité du Nord, voire « germanique » ; mais les bouleversements historiques, politiques aussi bien que la diversité linguistique et culturelle invitent à penser les différences au sein de cet espace et à interroger les identités qui s’y expriment. A cet égard, notre attention se porte sur tous les phénomènes induits par la circulation des objets, tels l’acculturation, l’assimilation, les échanges, ou les croisements, qui mettent au jour ces identités et les redéfinissent, mais aussi interrogent la pertinence de l’idée de frontières culturelles.

Cette problématique intéresse toutes les périodes de l’histoire, particulièrement celles propices aux échanges internationaux, comme la période hanséatique, la révolution industrielle, les guerres napoléoniennes, les deux guerres mondiales et l’expérience de l’exil, ou plus récemment encore, la construction européenne. Les centres névralgiques de la circulation matérielle, comme les foires, les villes marchandes ou industrielles, les universités ou les musées constituent un élément de contextualisation souhaité.

L’objet, de diverses natures (artefact ou naturel, mobile ou immeuble), sera examiné dans son rapport au texte et au discours ou encore dans son rapport au sujet humain, en tenant compte des contextes géographiques et historiques dans lesquels il évolue. On prendra en considération les usages auxquels il est soumis – objet sacré, marchand, clandestin, de rebut, exposé, comestible, vestimentaire, d’art, d’apparat, pièce à conviction…

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Les propositions de 300 mots maximum pour des exposés de 30 minutes sont à envoyer, accompagnées d'une notice bio-bibliographie (10 l. max), d'ici le 30 juin 2012 à l'adresse suivante: colloque.objetsmediateurs@gmail.com.

Les langues de travail sont le français, l'anglais et toutes les langues des espaces germanophone, néerlandophone et nordique (modalités particulières de présentation précisées ultérieurement). Le comité scientifique procédera à la sélection d'ici fin septembre 2012.

Une participation aux frais de déplacement et d'hébergement des participants est prévue, de même que la publication d'une sélection des contributions au colloque.

Pour plus de détails, veuillez consulter le blog du colloque, actualisé régulièrement: http://www.colloque.objetsmediateurs.over-blog.com

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Organisation (Université Paris-Sorbonne, EA 3556-REIGENN):

 

- Kim Andringa, Dr.

 

- Frédérique Harry, Dr., MCF

- Agathe Mareuge, M.A.

- Bénédicte Terrisse, M.A.

 

Comité scientifique:

 

- Annie Bourguignon, Prof., Université de Nancy

 

- Petra Broomans, PhD, Université de Groningen

- Dorothee Kimmich, Prof., Université de Tübingen

- Gérard Laudin, Prof., Université Paris-Sorbonne

- Marie-Thérèse Mourey, Prof., Université Paris-Sorbonne

- Ton Naaijkens, Prof., Université d'Utrecht

- Bjarne Rogan, Prof., Université d'Oslo

- Bénédicte Savoy, Prof., T.U. Berlin

 

 

 

 

Ding, ding, ting: Objects as cultural mediators. German, Dutch and Nordic language areas

 

International conference, Paris-Sorbonne University, 11-13.4.2013

 

Deadline: 30.6.2012

 

The conference will link two theoretical traditions: the theory of cultural transfer and Material Culture Studies. The former was elaborated by Michel Espagne and Michael Werner [Espagne/ Werner, 1988] in the 1980s, and has since been pursued in various directions (histoire croisée or ‘entangled history’, research on circulation, interculturality and hybridization) [Engel/ Gutjahr/ Braungart, 2003; Suppanz, 2003]. The latter is a heterogenic theoretical trend developed as a part of Culture Studies in the English speaking world from the 1970s on. Turning away from an approach consisting of an “accumulation of material” [Espagne, 1999: 7] which it considers as being empiricist, Cultural transfer studies concentrate on the analysis, in written sources, of the part played by the discourses and concepts borrowed from other cultures in the “formation of national cultural traditions” [6]. Conversely, works belonging to Material Culture Studies focus more and more on the everyday history of a given culture, and often deal with the question of the role of the other in the formation of collective identities through the prism of research on colonized territories [Gustafsson Reinius, 2008]. As such, they are dependent on their original bonds with scientific disciplines such as ethnology or anthropology. Our intention is therefore to build a theory of cultural transfer through a “bottom-up” approach, starting from sources either of an essentially material nature, or in which the thematization of objects is of prime importance, and to apply the theories of Material Culture Studies to a transnational european field.

 

To what extent are material things borrowed? How does their appropriation influence the formation of national cultural traditions in the Nordic, Germanic and Dutch-speaking areas?

 

How do the mechanisms of appropriation, decontextualization and resemanticization which are specific to cultural transfers – and indeed to any form of cultural circulation – work when applied to various objects? The purpose of the conference is to draw the outlines of an intercultural history of Nordic, Germanic and Dutch-speaking areas based on concrete objects, much as Bénédicte Savoy has achieved in her work on France’s confiscation of German cultural goods around 1800 and its impact on the “patrimonial consciousness” of both countries [Savoy, 2003 : 392].

 

Material culture appears to be ideally suited to the study of cultural transfers in so far as it offers an “objectification” of individual and collective identities. The decision to choose or to refuse the appropriation of an object may thus be viewed as an assertion of identity and as the expression of a sense of belonging to – or differing from – a cultural norm or a social convention [Thomas, 1991: 25].

 

Furthermore, material stability precisely highlights the changes and reconfigurations that have occurred in the categorization of the object, along with the emotions and narratives it is associated with 125. Nicholas Thomas thus emphasises the fact that the circulation of objects involves not only a physical process, but also a movement and displacement of competing conceptions of things 123. Besides, objects are often the driving force of contacts between different cultures. Just as the quest for material goods generates relationships between different social or cultural groups [Bracher/ Hertweck/ Schröder, 2006 : 11], so are the goods a reflection of these relationships. Finally, in the etymological as well as symbolical sense, the object stands for the other of the subject. It thus embodies otherness and strangeness [Thomas, 1991: 184]. The foreign object that has been appropriated is therefore paradigmatic of how an identity is built on alterity.

 

We wish to avoid being deceived by the myth of the precedence of things, which may sometimes be considered as “coming before ideas, before theory, before the word” [Brown, 2001: 16]. In the same manner, we want to avoid analyzing objects apart from discourses. We aim at bringing to light the discourses and narratives that objects give rise to but we are also anxious not to bury the materiality of things under their symbolic or semiotic meaning.

 

We therefore aim to perceive how things resist the discourses, representations and fantasies we project on them [Thomas, 1991: 176], and to perceive how things “exceed the meaning to which they have been assigned” [Ecker/ Scholz, 2000: 11] and undermine complete assimilation, revealing the share otherness has in a given culture.

 

The papers may consider material things from a historical/ cultural/ ethnological/ anthropological/ literary/ linguistic/ philosophical/ aesthetic point of view and will analyze their concrete expressions and discursive, visual, plastic or textual representations, as long as these objects travel across several cultures, across two (or more) countries of the Dutch, Nordic or German language areas, from the Middle Ages to the present time.

 

From a European point of view, this geographical area might be perceived as a homogeneous entity, bearing a common Northern – or even Germanic – identity. But political and historical disruptions as well as cultural and linguistic diversity require to go further and to focus on its different and multiple identities. We are therefore interested in all the phenomena caused by the circulation of material goods – cultural integration, assimilation, exchanges or junctions – as long they discuss the identities and the relevance of the notion of cultural borders. Our approach concerns all historical periods, especially the ones which were the most favourable to international exchanges – like the Hanseatic period, the Industrial revolution(s), the Napoleonic wars, the two World Wars, the European construction during the XXth century or the experiences of exile. We will, moreover, focus on the contexts of circulation and the junction points such as market places, mercantile or industrial cities, universities or museums.

 

Things may be handmade or mass produced, movable or not. They may be examined in relation to texts, discourses and human beings, or in relation to geographic and historical contexts of circulation.

 

Therefore we will also take the circumstances of use and the object’s functionality (sacred, mercantile, illegal, repulsive,…) in consideration.

 

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The deadline for submission of paper proposals for a 30-minute talk is June 30th, 2012. Your abstract should not exceed 300 words, working languages are French, English and any language of the Dutch, German and Nordic language areas.

 

Please send your abstract and a short CV (10 lines max.) to

 

Refereeing of papers will be processed by members of the scientific committee by the end of September 2012. After completion of the conference a volume of selected papers will be published.

 

The organisers will pay a flat rate for travelling and accommodation expenses depending on the sum total of grants received from third parties.

 

For further details and updates please see the website: http://www.colloque.objetsmediateurs.over-blog.com

 

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Organisation committee:

 

  • Dr. Kim Andringa

  • Dr. Frédérique Harry,

  • Agathe Mareuge, M.A.

  • Bénédicte Terrisse, M.A.

 

Scientific committee:

 

- Annie Bourguignon, Prof., Université de Nancy

- Petra Broomans, PhD, Université de Groningen

- Dorothee Kimmich, Prof., Université de Tübingen

- Gérard Laudin, Prof., Université Paris-Sorbonne

- Marie-Thérèse Mourey, Prof., Université Paris-Sorbonne

- Ton Naaijkens, Prof., Université d'Utrecht

- Bjarne Rogan, Prof., Université d'Oslo

- Bénédicte Savoy, Prof., Université T.U. Berlin

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