Les cinémas berbères : de la méconnaissance aux festivals nationaux. Comparaisons africaines

City: 
Paris
Country: 
France
Organizer: 
INALCO
Closing date for submissions: 
20 July, 2016
Event dates: 
19.10.2016

Les mutations survenues dans le contexte socio/culturel ont grandement contribué au renouvellement de l’espace littéraire et artistique amazigh (berbère) et à l’émergence de nouvelles formes dont les productions cinématographiques. Ainsi, depuis quelques années, les festivals du cinéma berbère se multiplient, on pense par exemple au Festival National du Film Amazigh à Ouarzazate, au Festival culturel national du film amazigh à Tizi-Ouzou, et au Festival International du Film Berbère à Paris entre autres.

Constatant le peu d’attention accordé aux films dans les études berbères, nous nous proposons d’organiser une journée d’étude dans le but d’explorer cette forme de renouvellement artistique amazigh dans une perspective interdisciplinaire et ouverte aux réflexions et résultats des études déjà bien avancées sur la cinématographie africaine.

Malgré les grandes difficultés de financement, de production et de diffusion, des réalisateurs comme Abderrahmane Bouguermouh, Belkacem Hadjadj et Azzedine Meddour en Algérie et Ahmed Badoui, Lhoussaine Bonizakam, Ahmed Larbi et Agouram Salout au Maroc ont créé dans les années 1990 au moins une cinquantaine de films dans des supports divers (35mm et cassettes vidéo). Au fil des années, la production en berbère s’est élargie, grâce au format numérique notamment, et est passée de la marginalité à la participation aux arènes artistiques nationales et internationales. Le cinéma semble répondre à une demande diffusée entre plusieurs couches de la population amazigh : les films ont reçu un accueil enthousiaste dans le monde des mouvements associatifs culturels et auprès du public urbain et rural amazighophone (Merolla 2005, 2012). Dans leur réception, les films berbères semblent se rapprocher du « Nollywood » nigérian plus que de la production cinématographique maghrébine qui, elle, a plus de difficultés à trouver son public local.

Au premier regard, l’on peut cerner des modalités diverses d’expression filmique. Les premiers films chleuh (Maroc) sont des vidéos au budget limité, presque des « soaps » ruraux, donnant dans la farce plutôt que dans le drame, et se différenciant de la production des premiers films du cinéma en kabyle (Algérie) dont la réalisation est le résultat de la coopération de plusieurs partenaires, de différentes sources de financement et de longues années de persévérance de la part des réalisateurs et acteurs. Les productions numériques les plus récentes, en kabyle, en chleuh et en rifain, semblent conjuguer l’attention accordée aux formes « engagées » et « populaires » de l’art filmique (par les genres de la comédie, du policier et de la science-fiction) avec une bonne qualité technique de la narration et de la photographie.

L’objectif de la journée d’étude sera à la fois d’établir un premier état de lieux et d’explorer quelques-unes des modalités du langage filmique berbère (langue, narration, images et aussi sous-titrage et doublage), tout en replaçant celles-ci dans une réflexion plus générale portant sur le rapport entre la production cinématographique, la littérature, et le contexte sociopolitique et linguistique. Le questionnement portera aussi sur les possibles interactions du cinéma berbère avec le cinéma africain et international.

Le comité d’organisation envisage la publication des articles ainsi que la mise en œuvre d’un réseau de recherche et d’une série de colloques.

Les propositions de communication (une page maximum), accompagnées d’une bio-bibliographie (dix lignes maximum) sont à envoyer aux adresses ci-dessous avant le 20 juillet 2016 :

• Daniela Merolla
• Amar Ameziane et
• Kamal Naït-Zerrad

Les participants seront invités à envoyer le texte de leur communication à l’avance.
La journée d'études sera organisé dans le le cadre des activités du LACNAD, Langues et Cultures du Nord de l’Afrique et Diasporas, INALCO, Paris. Hormis les repas du déjeuner pendant la journée d’études, aucune prise en charge ne peut être assurée.

Call for Papers
International Seminar

Berber Cinemas : From Denial to National Festivals. African Comparisons.

Octobre 19, 2016
INALCO, Paris

The cultural and political changes which occurred in North Africa have contributed to dynamizing the Amazigh (Berber) literary space and to boosting Amazigh cinema. In the recent years, Berber film festivals have multiplied, such as the National Festival of Amazigh Film at Ouarzazate, the National Cultural Festival of Amazigh Film at Tizi-Ouzou, and the Paris-located Berber Film International Festival among others .

However, relatively little attention has been paid to films in Berber studies. The present seminar aims at exploring Amazigh cinema in an interdisciplinary approach and to establish the comparison with the analyses and interpretations already carried out on African cinema.

Despite the serious difficulties encountered in financing, producing and distributing the films, around fifty films in various formats (35mm and video cassettes) were produced in the 1990’s by directors such as Abderrahmane Bouguermouh, Belkacem Hadjadj, and Azzedine Meddour in Algeria and Ahmed Badoui, Lhoussaine Bonizakam, Ahmed Larbi and Agouram Salout in Morocco. Since then, Berber filmic production has increased, notably thanks to the digital format, and has shifted position from a marginalised status to the presence in national and international artistic arenas. The film production seems to respond to a demand diffused among several layers of the Amazigh population: the movies have been enthusiastically received by cultural associations as well as by Amazigh urban and rural publics (Merolla 2005, 2012). Regarding their reception, Berber films resemble "Nollywhood" (Nigerian ‘popular’ film industry) more than the North African film production, which seems to have some difficulties in finding its local audience (Tarr 1998, Martin 2011).

At first glance, one can identify various forms of cinematic expression. The first Chleuh films (Morocco) are low-budget rural 'soaps', bordering on farce more than on drama, and differing from the production of the first Kabyle films (Algeria) whose realization was the result of the cooperation of several partners and funding sources and of years of perseverance on the part of directors and actors. The recent digital production, whether in Kabyle, Chleuh or Tarifit, combines "committed" and "popular" forms (for example through the genres of comedy, detective and science -fiction) and reaches a good technical quality of storytelling and photography.

The seminar aims at reflecting on theoretical frameworks, at establishing an inventory of the various language-based productions, and finally exploring some aspects of Berber film (language, narration, images and also subtitling and dubbing), while placing them in a more general reflection on the relationship between film, literature, and the social, political and linguistic context. The seminar will also propose a reflection on the potential interactions of Berber cinema with other trends and languages of African cinema and with international cinema.

Papers accepted for the seminar may subsequently be submitted for consideration for publication. Following-up activities will include the organization of a research network and international conferences.

Please send your paper proposal (one page maximum), along with a bio-bibliography (ten lines) by July 20, 2016 to:

• Daniela Merolla
• Amar Ameziane and
• Kamal Nait-Zerrad

The participants will be required to send their full papers in advance.
The seminar will be organized in the framework of the activities of LACNAD, Languages and Cultures of North Africa and Diasporas, INALCO, Paris. Lunch during the seminar is included. No financial support can be ensured to the participants.