Traduction et partages : que pensons-nous devoir transmettre? XXXVIIe Congrès de la Société Française de Littérature générale et comparée

City: 
Bordeaux
Country: 
France
Organizer: 
SFLGC (Société Française de Littérature générale et comparée)
Closing date for submissions: 
20 December, 2010
Event dates: 
27.10.2011 - 29.10.2011

APPEL À CONTRIBUTION

XXXVIIe Congrès de la SFLGC (Société Française de Littérature générale et comparée). Bordeaux. 27 - 29 octobre 2011

Traduction et partages : que pensons-nous devoir transmettre ?

 

L’objectif de ce congrès est d’interroger les enjeux, pour la littérature comparée, de ce que les anglo-saxons appellent  Translation Studies et les francophones, non sans réticences, « traductologie ». Il s’agira certes d’éprouver une théorie, une critique ou encore une poétique de la traduction, mais aussi de convoquer des pratiques et des praticiens et de réfléchir à l’opération de partage qu’est la traduction conçue comme représentation d’un texte et de ses divers codes. On procédera alors par comparaison avec d’autres représentations (adaptations, histoire littéraire, discours critique) qui opèrent comme des traductions : ils sont des passages dans un autre medium linguistique, dans un autre système de signes ou dans une autre situation de communication.

Une grande diversité d’approches pourra donc être envisagée ; toutefois, les travaux devront prendre en compte le constat fait par Erich Auerbach au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale : « ce qui est certain est que notre patrie philologique est la terre ; ce ne peut plus être la nation ».

C’est qu’il s’agit de mesurer la capacité des comparatistes à promouvoir la lecture dans un espace plurilingue ; qu’ils se réfèrent aux travaux de Jean-René Ladmiral, à ceux d’Antoine Berman ou d’Henri Meschonnic ; qu’ils participent au vaste projet HTLF (Histoire des Traductions en Langue Française, sous la direction d'Yves Chevrel et de Jean-Yves Masson, à paraître aux éditions Verdier) ; qu’ils aient contribué à la réflexion publiée par le CRDP de Versailles en novembre 2007 Enseigner les œuvres littéraires en traduction ; qu’ils soient eux-mêmes traducteurs ou qu’ils fassent acte de lecture entre les langues. A travers les pensées et les pratiques de la traduction, nous voudrions interroger la responsabilité, la liberté et le pouvoir des passeurs de textes : dans quelle mesure forment-ils une communauté invisible en dialogue à travers l’espace et le temps ? Comment leur travail enrichit-il ou transforme-t-il la perception des arts et des savoirs ?

Des chercheurs comme Daniel Cronin en Irlande, Anthony Pym en Espagne, Lawrence Venuti ou Emily Apter aux États-Unis ont commencé à mettre en évidence les enjeux éthiques, esthétiques et politiques de la traduction dans un espace de réception devenu mondial. En France, de plus en plus de comparatistes inscrivent leur réflexion dans ce champ mondialisé, « zone » nouvelle d’appréhension du fait littéraire. Le congrès de Bordeaux voudrait interroger tout particulièrement les effets de ces changements d’échelle sur la mémoire et l’éducation littéraires. Le travail de la traduction confronte sans cesse, en effet, à une question à laquelle tout processus de partage engage à répondre : que pensons-nous devoir transmettre ? Il confronte aux notions complexes d’interprétation, d’équivalence, de fidélité et de transparence, lesquelles gagneront sans doute à être approchées par l’étude des rapports les plus divers non seulement entre les langues, mais aussi entre les langages des communautés savantes ou artistiques (le principe du communautarisme ou son rejet étant au cœur de la réflexion).

L’appel à contribution se veut ouvert à toutes sortes de propositions. Trois orientations seront privilégiées toutefois :

1/ Traduction et mémoire des textes : seront accueillies dans cette optique les contributions liées au partage des textes littéraires, interrogeant tout particulièrement le rôle de la traduction comme laboratoire ou prolongement de l’écriture poétique et le rapport entre création et mémoire. Y trouveront leur place des travaux sur des écrivains (et poètes) traducteurs d’écrivains (et poètes), sur des auteurs écrivant dans différentes langues, sur les entreprises d’autotraduction, ou encore sur des textes issus de nations multilingues – comme l’Inde, par exemple – dont la première langue d’existence s’apparente déjà à une traduction.

2/ Politique de la traduction : seront accueillies dans cette optique les contributions liées au partage des espaces de compréhension. Au croisement des domaines poétique et politique, il s’agira d’interroger ici les déplacements de frontières et les changements d’échelle (dans une perspective postcoloniale ou un contexte de « mondialisation ») qui bouleversent les pratiques de lecture, les discours critiques et les histoires littéraires. On pourra poser en particulier la question de la microlecture dont participe le travail de la traduction : mesure ou démesure de la tâche du lecteur dans le monde moderne ? Sur un plan géopolitique, pourront être examinés (en relation, par exemple, avec la Charte de l’UNESCO sur la diversité culturelle) les enjeux d’espaces culturels divers, multilingues ou plurinationaux : comment traduire des textes d’une langue semblable mais culturellement hétérogènes? 

 

3/ Traduction, arts et sciences : seront accueillies dans cette optique les contributions liées au partage de la recherche elle-même. On s’interrogera sur les moyens dont dispose la communauté instruite pour se comprendre, et sur la façon dont la littérature prend en charge cette question de la rencontre et du partage des savoirs. Sur un plan artistique, pourront être posés les enjeux de « l’intermédialité », à travers une réflexion sur les modes d’articulation et/ou de confrontation du texte et de l’image. Sur un plan épistémologique, on réfléchira à ce qui peut ou doit passer d’un langage spécialisé à un autre ;  on interrogera en particulier les rapports entre science, poésie et fiction. De façon plus générale on cherchera à éclairer la notion de « texte traduit », qui est au cœur de l’ouverture disciplinaire.

Dans le cadre du Congrès de 2011 à Bordeaux, nous souhaiterions varier les situations de paroles afin de favoriser les échanges mais aussi de pouvoir évaluer la part que représente le thème proposé dans la recherche comparatiste en France.

Les propositions (1000 à 1500 signes) devront donc être accompagnées des précisions suivantes :

1/ Mode d’intervention souhaité :

Communication (25 minutes) : le texte devra alors être impérativement communiqué le 30 juin 2011, afin que des médiateurs puissent mettre en rapport les communications et préparer les échanges dans chaque séquence.

Table ronde (intervention réduite à 10 minutes) : les participants à une table ronde devront fournir diverses informations concernant le travail qu’ils présentent ; celles-ci seront communiquées au reste des participants de la table ronde, afin de rendre possible la circulation de la parole.

Atelier (10 minutes pour exposer un travail en cours, des projets ou des méthodes de recherche liés au thème du congrès, et qui feront l’objet des échanges) : un atelier se distingue d’une table ronde en ce qu’il ne repose pas sur une recherche aboutie ; il ne comporte par ailleurs que des participants (pas de public).

Quel que soit le mode d’intervention choisi, les communications retenues par le comité de lecture (et dont le texte ne sera définitif, pour les tables rondes et ateliers, qu’à l’issue du congrès) feront l’objet d’une publication.

 

2/ Degré d’implication du chercheur dans la thématique du congrès :

— Si c’est le cas, merci de préciser en quoi vos travaux de recherche concernent directement le thème du congrès

— Si ce n’est pas le cas, pouvez-vous dire dans quelle mesure le thème proposé intéresse vos propres travaux, ou inversement, dans quelle mesure vos travaux vous paraissent susceptibles d’intéresser (voire de contester, de relativiser) la problématique de la traduction ?

 

Les propositions sont à envoyer par courrier électronique, aux adresses suivantes : Isabelle.Poulin@u-bordeaux3.fr et e.de-dampierre@u-bordeaux3.fr avant le 20 décembre 2010.

Elles seront examinées par le comité scientifique du Congrès.

Composition du comité scientifique :

Lucile Arnoux-Farnoux, Didier Coste, Eve de Dampierre, Muriel Detrie, Fabienne Diamond, Jean-Paul Engelibert, Marie de Gandt, Anne-Rachel Hermetet, Claudine Leblanc, Jean-Yves Masson, Anne-Laure Metzger, Vérane Partensky, Isabelle Poulin, Karl Zieger

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